
Découvrir Barisey-au-Plain, c'est s'offrir une randonnée champêtre très agréable en passant au pied des côtes par Blénod-les-Toul, Bulligny et Barisey-la-Côte. Comme son nom l'indique, Barisey-au-Plain est un pays plat, de "plain-pied". L'approche du village se fait au milieu de pâturages verdoyants où les vaches, vautrées dans l'herbe, ruminent leurs problèmes...
Le village avec ses toits rouges est massé sous le clocher et sous le château d'eau qui de loin, avec sa forme cylindrique, ses fenêtres haut perchées et son toit conique laisse croire qu'il s'agit d'un donjon féodal. Un petit cours d'eau serpente à l'entrée du village, tout rempli de végétations aquatiques. Il s'agit de
l'Aroffe qui prend sa source à proximité et qui va se jeter dans la Meuse à Saint-Germain. Le pont qui le traverse fut construit en 1866.
En pénétrant dans le village, on a tout de suite une impression d'espace et de netteté. Une belle place encadrée d'arbres, avec le monument aux Morts au centre, jouxte l'église. La Grande Rue, elle aussi, est bordée d'arbres et la mairie-école est récente.
C'est que Barisey-au-Plain a souffert durement de la dernière guerre. En juin 1940, lors de l'avance allemande, des combats héroïques y eurent lieu, allant jusqu'au corps à corps à la baïonnette. Cinquante deux militaires Français, dont beaucoup de Sénégalais, furent tués. Trente deux maisons furent brûlées entièrement et les maisons restantes bien mutilées par les obus.
La reconstruction a donc donné au village son aspect aéré actuel. Auparavant, une rangée de maisons occupait la place actuelle et l'emplacement de la mairie-école. Le presbytère était adossé au cimetière, lequel était placé en partie devant l'entrée de l'église. Quant à la mairie-école, elle se trouvait à l'emplacement de la boulangerie actuelle. C'était un vieux bâtiment acquis en 1830, rénové et agrandi en 1895.
Le monument aux Morts, lui, avait été édifié à l'angle de la rue de la Place et de la rue des Armoises, presque en face du château.
De celui-ci, qui abrite une exploitation agricole, il ne reste qu'un moignon de tour et une façade d'entrée comportant une grande porte voûtée et une petite porte également voûtée au-dessus desquelles subsistent les consoles en pierre des anciens mâchicoulis. Il appartenait au XVIème siècle à la famille des
Armoises.
Un autre château fort existait dans les temps anciens, à proximité ou à l'emplacement de l'église. On prétend que les murs de celle-ci proviennent des anciens matériaux de la forteresse détruite au XVIIIème siècle. Elle était appelée le "Château fort des Trois Barisey" où les habitants de ces villages trouvaient refuge en temps de guerre. Avant la dernière guerre, le cimetière était encore bordé par les anciens fossés, aux trois quarts comblés.
On peut supposer qu'au moyen-âge, le clocher actuel qui est une vieille tour romane à baies geminées faisait partie du système défensif.
L'église présente des caractères architecturaux de plusieurs époques. La nef fut reconstruite au XVIème siècle. Au-dessus de la porte d'entrée on peut lire cette inscription : "Que toujours Jes Christ en nos coeurs soit escript. 1583". Plus haut dans une niche, une statue représentant le Christ entravé avec des cordes.
A l'intérieur, on trouve témoignage de toutes les époques. La nef est à plafond plat avec de grandes moulures aux angles et est éclairée par de grandes baies à plein cintre. Le transept est de style ogival, avec à gauche l'autel de Saint-Nicolas et à droite, l'autel de la Sainte-Vierge. Ces autels sont anciens, avec une table en pierre taillée. Les baies trilobées éclairant le transept sont gothiques. Le choeur comprend deux travées en ogive presque à plein cintre, avec les croisées. On remarque tout de suite, au fond du choeur, l'entourage de l'autel constitué de colonnes avec portique de style baroque ; un style qui a peu pénétré en Lorraine. C'est un décor qui a sûrement été ajouté car on trouve encore, en dessous, l'autel initial en pierre taillée. Le coffrage en bois, très sculpté, qui le recouvrait a été séparé et sert maintenant à célébrer la messe, face aux fidèles.
Tout le choeur est entouré de belles boiseries sculptées. S'ouvrant sur celui-ci, à droite, une admirable chapelle de style ogival comprenant doubles croisées en pierre dont la voûte contient un autel en pierre taillée dédié à "Notre-Dame des Vertus". L'éclairement est donné par une très jolie fenêtre gothique séparée en trois parties trilobées, avec dans la partie supérieure voûtée, des meneaux rayonnants ; l'ensemble est garni de vitraux. Cette chapelle contient un confessionnal datant de 1557.
A voir aussi dans le fond de l'église, scellé dans le mur, un retable en pierre avec deux rangées de personnages.
On trouve de nombreux calvaires aux environs. Le plus important est situé à la sortie du village, route d'Autreville (actuellement rue des Vosges). Détruit par les révolutionnaires en 1793 et reconstruit en 1818, il s'abrite sous un immense tilleul.
A deux kilomètres au Sud-Ouest se trouvait le troisième Barisey appelé Barisey-la-Planche. Le lieudit "La planche" subsiste toujours. Ce village fut détruit au cours de la terrible guerre de trente ans, vers 1635.
A l'époque romaine, le territoire était traversé par la Voie Prétorienne allant de Langres à Toul. Il en reste des tronçons servant de chemins ruraux.
Barisey-au-Plain est un très vieux village appelé au cours des âges : "Bariseum ad Planum", "Barexey-au-Plain", "Barrisey".
En 1398, Ferry de Lorraine, comte de Vaudémont retient pour lui tous les habitants de Barexey-au-Plain. Le village fit aussi partie du domaine des Evêques de Toul. En 1790, à la révolution, il fut rattaché au canton d'Allamps.
La vie du village se déroule dans le calme. Les reîtres du château ne font plus cliqueter leurs armes dans la rue des Reîtres, le chevalier
du Lys ne montre plus son beau pourpoint dans la rue Hordal du Lys et les trompes de chasse ne sonnent plus dans la rue Saint-Hubert.
Les gens sont sur le pas de leur porte Bonjour ; beau temps, n'est ce pas ?